Les participants à une conférence sur «Le rôle et la place de l'Université dans l'Afrique du 21e siècle» ont appelé, lundi à Rabat, les établissements de l'enseignement supérieur à s'impliquer davantage dans les projets de développement socioéconomique de leurs pays.
Intervenant à cette occasion, le président de l'Université Mohammed V, Radouane Mrabet, a appelé les universités africaines à répondre aux attentes socioéconomiques du Continent et à former des compétences afin de pouvoir contribuer à l'émergence de l'Afrique.
Il a, par ailleurs, mis en exergue les efforts déployés par son université en matière de recherche dans de grands secteurs porteurs comme ceux liés à la santé et aux technologies de l'information.
Mrabet a, aussi, mis en relief les actions entreprises par son université en vue de renforcer sa position d'interface avec les entreprises, et ce pour un meilleur ancrage de la recherche dans le monde économique, l'encouragement au sein de l'université de la création d'entreprise et le soutien accru au centres d'études doctorales.
«En parallèle avec notre politique de recentrage des missions de l'université sur les préoccupations liées au développement, nous travaillons aussi pour positionner notre université comme une université des talents et de l'excellence», a-t-il dit.
Pour sa part, le directeur général du Centre africain de formation et de recherche administrative pour le développement (Cafrad), Simon Mamosi Lelo, a relevé le rôle crucial que peut jouer l'Université africaine, dans le processus de développement économique et social du continent.
Il a ajouté que l'Université, qui a pour mission de former des cadres devant constituer un capital humain de développement socioéconomique, doit susciter des projets et en aider les porteurs à formaliser leurs expérimentations.
Dans ce sens, Simon a appelé les universités africaines à créer des partenariats avec les différents acteurs de développement -public, privé et société civile-, afin de leur permettre de contribuer à la croissance économique, à la modernisation des services publics et des instituions de l'Etat.
Il a estimé que l'université africaine devrait entreprendre plusieurs actions si elle souhaite contribuer réellement à transformer les Etats africains en pays émergents d'ici 2025.
En ce sens, elle doit collaborer avec le gouvernement pour mettre en œuvre des programmes de développement ou avec des établissements publics dans le domaine des infrastructures.
L'université, souligne-t-il, peut collaborer également avec le parlement pour réviser des lois, avec les entreprises dans l'objectif d'améliorer la productivité ou encore avec les organisations de la société civile en vue de coordonner des campagnes d'alphabétisation, par exemple.
Simon a, en outre, plaidé pour que l'Université africaine soit une institution au service du pays dans la mesure où elle est appelée à participer véritablement aux activités de développement national, soulignant qu'elle est invitée à revoir ses programmes de formation et de recherche, lesquels doivent être réorientés vers l'entreprenariat et l'insertion des lauréats dans le marché du travail.
«Nous voulons que les Universités jouent pleinement le rôle qui leur incombent pour aider l'Afrique à aller de l'avant. Nous avons toutes les potentialités humaines et naturelles nécessaires, il n'y a aucune raison pour que l'Afrique reste à l'écart», a affirmé Simon.
L'Afrique «doit jouer son rôle non seulement en fournissant la matière première aux autres, mais elle doit participer également à la résolution des conflits et crises internationaux», a-t-il ajouté.
De son côté, la représentante de la Fondation Hanns Seidel, Juliette Borsenberger, a déclaré à la MAP que l'Université africaine, et en particulier maghrébine, devrait être un lieu de recherche et d'innovation et se positionner à l'avant-garde des sociétés ainsi qu'au service de leur développement si elle voulait apporter une contribution efficace à la transformation des Etats africains en pays émergents d'ici 2025.
Cette conférence, organisée par le Cafrad en partenariat avec l'Université Mohammed V et la Fondation allemande Hanns, a connu la participation de plusieurs recteurs et doyens d'Universités africaines, des experts et universitaires.
Elle permettra, durant trois jours, de débattre de plusieurs thèmes dont «Vers la transformation de l'université africaine», «Les pays émergents et l'Afrique» et «Le partenariat de l'Université avec les acteurs du développement».