Les étudiants préfèrent attendre la fin du mois sacré pour reprendre le chemin de l'université.
Prévue pour le 14 septembre, l'année universitaire ne connaîtrait, Ramadan oblige, son vrai démarrage qu'après le mois sacré. Pourtant, et malgré le jeûne, les préparatifs allaient bon train depuis environ une dizaine de jours.
Sur l'avenue Allal El Fassi à Rabat règne une effervescence particulière en cette matinée de la dernière semaine de Ramadan. Dans les facultés et instituts, des files d'étudiants accompagnés de leurs parents s'acquittent des dernières démarches administratives, en vue du démarrage prochain des cours.
C'est donc l'occasion pour les nouveaux bacheliers comme Hanane de se familiariser avec le milieu universitaire. Inscrite en 1ere année dans un institut supérieur de la place, la jeune fille se dit fin prête: "Je suis rentrée la semaine dernière de Fès pour effectuer les formalités nécessaires (Inscription dans une école ou elle a été retenue après concours et dépôt de dossier pour l'obtention d'un logement au campus universitaire...)», avance Hanane. «Tout est déjà réglé même si pour la chambre on m'a demandé de repasser dans la semaine», ajoute-t-elle.
Ils sont nombreux comme Hanane à remplir les documents nécessaires pour occuper une chambre à la cité universitaire. Malheureusement, tous ne réussissent pas à obtenir le précieux sésame. Les problèmes de logement récurrents, malgré une volonté de la part du gouvernement de mettre en place des structures suffisantes, rebutent ainsi bon nombre d'étudiants, qui optent pour d'autres solutions telles la location de chambres ou de studios aux abords des facultés. "L'année passée, nous avons préféré louer des chambres à Qamra pour éviter un éventuel refus d'hébergement à la cité universitaire. Et cela s'est bien passé. Donc ce sera pareil pour cette année." expliquent pour leur part Wissam et Adil, étudiants en master à la faculté des Sciences.
Meriem, mère d'une étudiante inscrite en 1re année d'économie, ne cache pas ses appréhensions. "Voilà déjà quelques années que l'université marocaine est passée au système L.M.D (licence-master-doctorat) et je me pose bien sûr des questions sur cette nouvelle architecture pédagogique (3, 5,8). Mais je pense que tout ira pour le mieux". "Tout a été mis en place pour un bon déroulement de cette nouvelle année universitaire 2009/2010. Nous attendons environ 1.600 nouveaux bacheliers", indique Driss Frej, vice-doyen à la faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales d'Agdal.
Plus à cheval sur les délais du programme, les cours en Faculté de médecine et de pharmacie ont repris le 14 septembre. "Les cours ont commencé, mais nous avons déjà démarré avec les stages dès le début du mois, dans les Centres hospitaliers universitaires", indique Fatim Zahra, étudiante en cinquième année de médecine. Au niveau de l'enseignement privé, l'effervescence est aussi au rendez-vous avec les procédures de réinscriptions et l'organisation des tests d'admission. Une palette d'écoles est offerte aux nouveaux bacheliers qui ont l'embarras du choix. Nombreux comme Chaimaâ, 17 ans, hésitent encore sur le choix de leur carrière universitaire. "C'est déjà la rentrée, hélas, je ne sais toujours pas que faire... Je pense opter pour des études en management ou en hôtellerie dans une école privée. J'espère m'inscrire très bientôt puisque après le Ramadan, les choses sérieuses commenceront!"
La coopération Maroc-Afrique au beau fixe
Le nombre d'étudiants étrangers inscrits dans les établissements publics marocains est en progression continue. En 2008, ils étaient quelque 7000 étudiants étrangers inscrits dans les établissements publics marocains dans le cadre du programme de coopération Sud-Sud du Royaume au niveau de l'enseignement supérieur. Installé à Rabat depuis 1986, l'Agence Marocaine de Coopération Internationale gère chaque année, sous tutelle du ministère des Affaires étrangères, le cursus universitaire de ces futurs cadres venus d'horizons divers.
Questions à: Youssef Imani, directeur général de l'AMCI.
Des mesures pour éviter les retards
La rentrée académique rime avec l'accueil des nouveaux venus. Comment se déroule ce processus au sein de votre Agence?
Chaque année, l'Agence accompagne les nouveaux étudiants dans les démarches relatives aux inscriptions mais aussi dans la recherche d'hébergement. Leur accueil se déroule à la Cité Universitaire Internationale de Rabat et nous avons décidé pour cette année d'y transférer les fonctionnaires de l'Agence afin d'effectuer le plus rapidement possible les formalités et éviter ainsi que tous les étudiants accusent un retard.
Où en est la coopération Maroc-Afrique dans le domaine de l'enseignement supérieur?
Elle est très solide. La priorité accordée par le Royaume à la coopération internationale permet à des milliers d'étudiants en provenance de plus de 70 pays, notamment d'Afrique Subsaharienne, de la région Arabe et d'Asie de venir poursuivre leurs études supérieures au Maroc. Ce qui est formidable quand on sait qu'en 2007, ils étaient plus de 1000 lauréats des différents établissements de formation du Royaume.