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L'université dans tous ses états... 
15/10/2009 

 

 

Six ans après l'application de la réforme, responsables, enseignants et étudiants font leur évaluation...

Après l'enseignement scolaire, place aujourd'hui à l'enseignement supérieur pour la mise à niveau de l'université marocaine, dans le cadre du plan d'urgence avec un fonds de 12,6MMDH.

Il est plus qu'intéressant de donner la parole aux responsables, aux étudiants et à leurs professeurs pour l'évaluation de la réforme universitaire, six ans après son application en 2003-2004. Après tout, ils sont les premiers concernés. Que pensent-ils réellement de cette réforme? De la mise à niveau de l'université? Sont-ils maintenant plus rassurés de leurs formations dans les différentes facultés ? Plus loin encore, la réforme a-t-elle atteint son objectif principal de faire changer les idées sur l'université marocaine? Force est de constater que les différentes universités marocaines ont pu intégrer de nombreuses nouveautés, notamment l'adoption du système LMD (Licence, Master, Doctorat), l'intégration de plusieurs licences professionnelles et l'enseignement de nouvelles matières ayant trait aux Nouvelles technologies de l'information et de la communication. Du côté des responsables, ils ne cessent de marteler dans leurs sorties médiatiques que plusieurs résultats positifs ont été enregistrés et les objectifs tracés atteints, notamment le taux de l'absentéisme qui a considérablement chuté.

Ils affirment également que les étudiants formés dans les facultés marocaines ont désormais plus de chance d'intégration dans la vie professionnelle depuis la création des nouvelles filières professionnelles, notamment l'informatique, les techniques de communications... Les cursus sont mieux adaptés aux besoins des étudiants et à leurs compétences. Le cas aussi de la déperdition universitaire au Maroc qui a sensiblement diminué. Pour les professeurs, certes, des points positifs ont été apportés par la réforme de l'enseignement universitaire mais des aspects négatifs sont toujours à relever, entre autres, un certain tâtonnement dans l'approche pédagogique, avec le changement constant de ''dénomination des matières''. Aussi, on préconise que les réglementations et les conditions changent également d'une faculté à l'autre, ce qui illustre les disparités dont souffre encore l'université marocaine et le manque latent de moyens financiers et d'encadrement pédagogique. Ce qui impacte les résultats acquis qui font que le taux d'abandon dans l'enseignement supérieur se fixe à plus de 22%, alors que le taux de diplomation est de 45% et que seuls moins de 25% des diplômés sont insérés dans la vie professionnelle.

Et c'est ce qui amène, nous confirment certains professeurs, qu'il est temps de mieux s'investir en vue de consolider davantage les compétences dans l'enseignement supérieur et les capacités de bonne gouvernance et de mettre en adéquation les programmes de formation aux besoins du développement sectoriel et à promouvoir la recherche scientifique en lui assurant un budget plus conséquent. S'agissant de la bonne gouvernance à l'Université Sultan Moulay Slimane, certains professeurs relèvent qu'il y a une certaine aberration, avec l'absence de la nomination du président de l'université qui continue à être chapeautée depuis sa création par l'Université Cadi Ayad de Marrakech et que les deux facultés scientifiques de Béni Mellal sont toujours gérées par un seul doyen. Ce qui porte préjudice à la bonne gestion de ces établissements universitaires. Un effort endogène pour la consolidation de l'autonomie des entités et de leur bonne gouvernance reste vivement sollicité.

Certains étudiants rencontrés affirment qu'ils se trouvent confrontés à beaucoup de difficultés liées à l'orientation. En effet, de nombreux étudiants sont contraints de changer de spécialité à plusieurs reprises. D'autres finissent mêmes par quitter la faculté, changer de cap pour aller passer un concours d'entrée à un centre de formation professionnelle.

Dans un autre registre, nombre d'étudiants semblent avoir l'idée de partir sous d'autres cieux. Cependant, d'autres étudiants ont une idée plus ou moins positive sur les changements introduits à l'université marocaine depuis déjà six ans.

Problème d'évaluation

‘'L'évaluation n'a aucun sens si elle est isolée. Elle a un sens, seulement, quand elle accompagne un processus d'éducation et de formation depuis ses origines jusqu'à ses résultats'', nous a déclaré le professeur A. Bendriss qui, par la même occasion, interpelle les responsables et tous les autres intervenants et acteurs dans le domaine de l'enseignement supérieur à évaluer les acquis et les résultats de la réforme, six ans après son application. Une évaluation qui est devenue une nécessité. Seule aujourd'hui une évaluation rigoureuse permettrait de savoir si les résultats escomptés ont pu être atteints. Une sorte de mea-culpa qui devient nécessaire, certes, mais urgente au niveau de chaque établissement universitaire d'abord.


Le Matin 

 

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