Pour encourager la recherche sur la réduction de la pauvreté dans les pays du Maghreb, le Centre de recherche et de développement international (CRDI) du Canada octroie 6,5 millions de DH pour un projet de recherche régional sur l'Expérimentation participative et adaptative de modèles de gestion des ressources forestières dans la chaîne montagneuse de l'Atlas (Algérie, Maroc, Tunisie). Il sera piloté au Maroc par l'Université Al Akhawayn et l'Ecole nationale forestière d'ingénieurs du Maroc et un partenaire tunisien. Le choix de cette chaîne montagneuse est justifié, selon Youssra Benchrif, du service Communication de l'Université Al Akhawayn d'Ifrane par plusieurs raisons. Cette zone couvre près de 14 millions d'ha et ses populations sont considérées parmi les plus pauvres dans les trois pays.
« Leur pression sur la forêt ne cesse de s'amplifier et les modèles de gestion pratiqués aujourd'hui ne répondent pas, de manière adéquate, au souci du développement durable des habitants et des ressources forestières. Cela engendre une relation, souvent conflictuelle, entre les autorités forestières et la population démunie qui cherche à survivre en priorité, un surpâturage poussé dans une large proportion des forêts naturelles, des coupes excessives de bois et surtout des productions forestières qui ne sont pas suffisamment valorisées et qui ne sont pas mises au service du développement local », ajoute-t-elle.
Et de préciser que l'idée de ce projet de recherche a été conçue à travers un atelier de travail, organisé à Rabat en juillet 2008 par le CRDI et regroupant différents acteurs du secteur forestier des trois pays (représentants des autorités, des communautés locales, et des institutions de recherche).
Les zones représentatives sélectionnées pour servir de modèle d'application des améliorations sont les Aurès (Atlas saharien, Algérie), Ifrane (Moyen Atlas, Maroc) et la Khroumirie-Mogods (Atlas tellien, Tunisie). Il s'agit d'identifier, à travers des expérimentations participatives et adaptatives, des modèles viables de gestion des ressources forestières afin de contribuer à une réduction de la pauvreté des communautés rurales. Il s'agit aussi d'après les initiateurs du projet de renforcer les capacités des équipes de recherche dans les trois pays maghrébins en matière d'approches novatrices de gestion des ressources forestières comme la gestion adaptative, l'analyse sociale et l'analyse genre…
A noter qu'au niveau du Maroc, la zone d'étude correspond aux deux communes de «Dayet Aoua» et «Tizguit» dans le Moyen Atlas. Trois espèces principales composent la forêt de la zone; le chêne vert, le pin maritime et le cèdre de l'Atlas.
Cette zone est également réputée par un élevage extensif ovin et la contribution des parcours forestiers dans la satisfaction des besoins du cheptel est évaluée à 52.7% alors que le degré de surpâturage est en moyenne de 40%. De fait, la problématique dans la zone du projet se concentre sur la coupe du bois de feu, sur le surpâturage et sur un mode de gestion peu adapté à des écosystèmes multi-usages et soumis à une pression d'utilisation très excessive. Les expérimentations proposées au niveau des communes cibles concernent l'économie du bois d'énergie par plusieurs procédés tels que la production du biogaz dans un méthaniseur à partir de biomasse locale (les fumiers d'animal), le reboisement énergétique, l'isolation thermique et chauffage solaire passif et la mise en place des actions sylvicoles à incidence production de bois de feu.