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Bacheliers & Etudiants
26/02/2019

France : Ces universités qui refusent d'appliquer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers

France: Ces universités qui refusent d'appliquer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers

Une quinzaine d'établissements du supérieur se rebiffent contre la hausse des frais d'inscription pour les étudiants extra-Européens envisagée par le gouvernement d'ici la rentrée 2019.

La liste des universités françaises qui vont refuser d'appliquer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers s'allonge. Rouen Normandie, Paris-Saclay ou encore Rennes 2, au total, pas moins de 15 universités se sont déjà engagées à ne pas appliquer la réforme gouvernementale présentée par Édouard Philippe en novembre dernier. Dans son plan d'action, le gouvernement prévoit d'augmenter les frais d'inscription pour les étudiants non-Européens, afin de rendre les cursus français plus attractifset ainsi d'attirer davantage d'étudiants étrangers. Dès la rentrée 2019, ceux-ci pourraient passer de 170 à 2.770 euros en licence, de 243 à 3.770 en master et de 380 à 3.770 euros en doctorat. 

"Une remise en cause de l'université ouverte à tou.te.s"

Plusieurs présidents d'université, tels que Mathias Bernard de l'université de Clermont-Auvergne, se sont déjà engagés à ne pas appliquer les directives gouvernementales si celles-ci devaient entrer en vigueur, et à exonérer les étudiants extra-Européens de cette hausse de frais. Certains dénoncent une sélection par l'argent, une mesure qui renforcerait les inégalités. 

Au quotidien La Montagne, le premier président d'établissement à s'être positionné a dit regretter que le gouvernement envisage "la question sous forme de marché à conquérir", "de logique concurrentielle et de compétition internationale", où les étudiants seraient considérés "comme une clientèle".

 

 

 

Durant le mois de janvier, les universités suivantes ont rejoint la fronde: Angers, Strasbourg, l'université Rouen Normandie, l'université Caen NormandieTours, l'université de Bretagne OccidentaleParis-SaclayLe Mans, l'université Lyon 2, l'université de Grenoble AlpesGrenoble INPSciences Po Grenoble, l'École nationale supérieure d'architecture (ENSAG), la Communauté Université Grenoble Alpes (ComUE UGA), ainsi que l'université de Rennes 2.

 

En l’absence d’une véritable concertation ministérielle avec l’ensemble de la communauté universitaire et faute d’une information stabilisée, la direction considère que la mise en œuvre des frais différenciés dans le cadre de «Bienvenue en France» n’est pas souhaitable.

 

L’établissement utilisera toutes les possibilités règlementaires à sa disposition pour permettre aux étudiant·e·s étranger·e·s extra-communautaires inscrit·e·s ou néo-entrant·e·s de bénéficier, pour la rentrée 2019/2020, du maintien du régime tarifaire actuellement appliqué.

 

Le Lorem Ipsumest simplement du faux texte employé dans la composition et la mise en page avant impression. Le Lorem Ipsum est le faux texte standard de l'imprimerie depuis les années 1500, quand un peintre anonyme assembla ensemble des morceaux de texte pour réaliser un livre spécimen de polices de texte. Il n'a pas fait que survivre cinq siècles, mais s'est aussi adapté à la bureautique informatique, sans que son contenu n'en soit modifié. Il a été popularisé dans les années 1960 grâce à la vente de feuilles Letraset contenant des passages du Lorem Ipsum, et, plus récemment, par son inclusion dans des applications de mise en page de texte, comme Aldus PageMaker.

À Tours, le président Philippe Vendrix juge la mesure "totalement illusoire" et "impossible" à mettre en place. "Sur quels critères pourra-t-on exonérer? Comment calculer en amont ces pourcentages, sans savoir le nombre d’étudiants qui viendront effectivement à la rentrée?", s'interroge-t-il auprès de nos confrères du Monde.

Un recadrage du ministère  

 

Depuis décembre dernier, les syndicats étudiants et enseignants sont vent debout contre ces mesures jugées "inacceptables". L'UNEF et la FAGE ont  lancé un appel à la mobilisation générale et les universités Paris-Nanterre et Tolbiac ont même été bloquées à plusieurs reprises par des étudiants venus protester contre la réforme. En décembre dernier, la Conférence des présidents d'université (CPU) a quant à elle demandé la suspension de cette décision.

Pour l'heure, les universités ne sortent pas du cadre légal en refusant l'application de la réforme. Ces dernières peuvent appliquer un décret relatif à l'exonération des droits de scolarité dans les universités, qui permet d'exonérer certains étudiants (à hauteur de 10% du total des élèves) des frais d'inscription "en raison de leur situation personnelle, notamment les réfugiés et les travailleurs privés d'emploi."

Mais "il est certain qu’il va être difficile, si cette mesure est entérinée, et que les uns et les autres l’appliquent, de résister longtemps", admet au journal Le Monde Jean-François Balaudé, président de l'université Paris Nanterre. 

Le 17 janvier dernier, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, est allée jusqu'à recadrer les présidents d'université frondeurs lors d'une séance à l'Assemblée, estimant qu'ils avaient "un devoir d'obéissance et le devoir de loyauté". 

"Je tiens à rappeler que les universités sont des établissements publics, opérateurs de l'État et qu'effectivement, en tant qu'opérateurs de l'État et fonctionnaires d'État, il est évidemment très important qu'ils portent les politiques publiques décidées par l'État", a fulminé la ministre.

 

 

 

 

 

 

SOURCE : BFMTV

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